Le festival “Cinéma et Migrations” souffle cette année sa neuvième bougie. Animés par la détermination d’assurer la pérennité de l’évènement, nous accueillons, encore une fois, avec grand plaisir des artistes, des metteurs en scène, des critiques de cinéma et des universitaires du Maroc et de l’étranger. La thématique de l’immigration demeure la trame commune aux œuvres et à l’ensemble des débats qui ponctueront les quatre jours du festival. La panoplie de courts, longs métrages et documentaires au programme traitent le phénomène de l’immigration avec des sensibilités différentes et sous des regards multiples reflétant l’universalité du phénomène.
Younèss Mégri Né le 15 novembre 1951 à Oujda dans une famille d’artistes. Son père est plasticien et joue du luth, sa mère chante dans une troupe de musique sacrée, ses frères garçons jouent à la guitare et sa sœur fait du chant moderne. Dès son jeune âge, Younès se lance aussi dans le monde artistique, en chantant sur les rythmes de sa guitare...
Hassan Hosni Un géant du cinéma égyptien au sommet de son art...Né en 1936, Hassan Houssni est incontestablement l'un des grands comédiens qui ont marqué le théatre et le cinéma en Egypte et dans le monde arabe durant ces dernières decennies.
Il commence sa carrière d'artiste au théâtre au début des années soixantes, d'abord au théâtre militaire avant de rejoindre successivement le théâtre Al Hakim...
Le cinéma c’est la vie. C’est ce qui bouge en nous racontant des histoires dont la vérité est dans l’image même si elle contrarie la réalité. Bouger c’est vivre. Emigrer c’est survivre. En tout cas jamais personne n’a quitté sa terre natale juste pour le plaisir ou la fantaisie de faire le tour du monde. Toute émigration est un mouvement imposé par les nécessités de la vie. Les migrations à travers les continents ont eu des apports pour les terres où elles débarquent et ont privé les pays d’où elles partent d’un capital humain important. Le cinéma a suivi ces migrations. Des cinéastes partis d’Europe centrale ont fait des carrières exceptionnelles en Amérique, comme Fritz Lang, Billy Wilder, Frank Capra, Lubitsh etc. Ils ont donné des chefs d’œuvre inoubliables au patrimoine culturel de l’humanité.
Leur exil, pour des raisons politiques, a été fertile. Ils ont témoigné sur la condition humaine quand elle est déplacée, maltraitée, brimée.
L’immigration est un sujet fréquent dans le cinéma d’aujourd’hui. Plus qu’un problème économique, l’immigration est devenue un sujet politique, car le paysage humain des pays développés a changé de couleurs. Le tissu social est traversé par des apports venus de loin et parfois de pays proches. Mais ce bouleversement ne se passe pas sans drames. C’est là où le film occupe le rôle de miroir, témoin et levier. Le cinéma s’est emparé de sujets liés à l’immigration, pas pour faire de la sociologie, mais pour faire du cinéma la ligne de crête sur laquelle l’imaginaire raconte.
Un festival tel que celui d’Agadir devient le lieu et le moment où cette cinématographie s’expose et se voit interrogée. Car c’est par l’art et à travers la création qu’on essaie de comprendre le réel dans ses turbulences, ses silences et ses violences. L’émigration est une violence : c’est ce que le cinéma, depuis Elia Kazan (« América, América »), ne cesse de nous montrer. Merci au festival d’Agadir qui participe à cette mise en évidence.,